19 Propositions pour les quartiers populaires
A l’initiative du Mouvement « Agir Pour la Citoyenneté », présidé par Karim ZERIBI, plus de 300 intervenants et habitants des quartiers populaires du territoire national, se sont réunis, le samedi 26 novembre 2005 au Sénat, pour un Parlement des Banlieues réussi parce que mobilisateur et force de propositions.
Jeunes des quartiers, parents, universitaires, enseignants, chefs d’entreprises, responsables associatifs ont ainsi débattu pour l’élaboration d’un plan d’actions constitué de 19 propositions avec un mot d’ordre clair : les responsabilités sur la situation de nos quartiers sont partagées.
Ainsi, si l’Etat Républicain doit assumer les erreurs politiques commises au cours des 25 dernières années, les habitants des quartiers doivent aussi se prendre en main, sortir de toute approche victimaire ou misérabiliste pour entériner clairement que le retour de la responsabilité individuelle permettra d’améliorer les conditions de vie de plus de 6 millions de personnes qui vivent dans des quartiers dits « sensibles ».
Les propositions élaborées par le Parlement des Banlieues s’articulent autour des orientations suivantes :
- Rompre avec la logique des ghettos sociaux- ethniques qui frappe nos quartiers populaires.
- Eradiquer l’inactivité, le chômage de masse (40%) et les phénomènes d’oisiveté qui nourrissent la désespérance pour faire le jeu de l’économie souterraine.
- Marquer une exigence forte dans le domaine de l’Education pour mettre chaque acteur, habitant des quartiers et parents en premier lieu, face à leurs responsabilités.
- Veiller à la mise en place d’une démarche de professionnalisation des acteurs publics (police, école, service public de l’emploi) et associatifs qui interviennent dans les quartiers.
- Clarifier la sémantique politico- médiatique pour éviter la stigmatisation et le renforcement des préjugés fondés sur l’origine ethnique des habitants des quartiers.
Les Propositions du Parlement des Banlieues seront transmises au gouvernement, à l’opposition, au MEDEF et aux organisations syndicales pour favoriser la mise en place d’un plan d’urgence destiné à aller à la reconquête de nos quartiers avec un esprit républicain.
Elles sont au nombre de 19 et concernent 5 grands axes:
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L’Education.
1. Transformer les écoles situées en Zone d’Education Prioritaire (ZEP) en Pôles d’Excellence Educatif (PEE) avec des classes composées de 18 élèves maximum, des enseignants formés et expérimentés. Nous demandons à ce que l’accompagnement scolaire soit assuré par l’Education Nationale en partenariat avec des structures associatives de quartiers. Nous demandons également l’intégration de cycles de réussite comme, notamment, des classes de préparation à l’accès aux grandes écoles.
2. Réviser la carte scolaire sur la base d’un nouvel objectif affiché : la mixité géographique. Celle-ci imposera naturellement les règles de mixité sociale et culturelle indispensables pour renforcer l’Ecole Républicaine.
3. Réformer en profondeur les structures locales chargées de l’Orientation Scolaire avec la création d’Instances de pilotage et d’Orientation quadripartites composées de parents, d’enseignants, de professionnels de l’accompagnement scolaire et d’acteurs économiques.
4. Supprimer la sectorisation universitaire afin de favoriser le brassage des populations estudiantines.
L’Emploi.
5. Exonérer de charges patronales toutes entreprises qui embauchent un jeune de -30 ans issu d’un quartier prioritaire (exonération sur 3 ans).
6. Créer le dispositif des Emplois Seniors destinés à redonner une place et une dignité à des parents (+ de 45 ans) en proie au chômage ou à l’inactivité. Ce dispositif s’appuiera, à l’instar de ce qui a été mis en place pour les emplois- jeunes sur des aides de l’Etat et un allègement de charges et sera destiné aux bailleurs, collectivités locales et territoriales.
7. Mettre en place un suivi et un accompagnement individualisé vers l’emploi des jeunes diplômés des quartiers populaires. Ces derniers doivent devenir des exemples de réussite aux yeux des plus jeunes.
8. Développer la mise en place de Bus d’aides à la création d’entreprises qui sillonneraient les quartiers pour conseiller et faciliter l’aboutissement de projets économiques et faire naître un esprit d’initiative auprès des habitants des cités. Action mise en place à l’échelle régionale, en partenariat avec les CCI, les Conseils Généraux et les Conseils Régionaux.
9. Etendre les dispositions de la loi sur les nouvelles régulations économiques sur la notation des pratiques sociales des entreprises en matière de diversité à l’embauche et de gestion des compétences. Mettre en place un palmarès des entreprises citoyennes pour sortir du simple affichage et des stratégies de marketing social utilisées par certaines entreprises signataires de la charte de la Diversité
Le Logement et l’urbanisme.
10. Renforcer le régime de pénalisation pour non respect des dispositions de la loi SRU sur le logement social. Aller de la remise en cause des dotations publiques à des sanctions pénales conduisant à l’inéligibilité des responsables politiques qui n’engagent pas de programme de construction progressif pour respecter la loi SRU;
11. Imposer l’anonymat des demandeurs de logements dans les commissions d’attribution des Offices HLM, SA et SARL.
12. Ouvrir la composition des commissions d’attributions de logements sociaux à une représentation des habitants obligatoire.
13. Intégrer dans tout projet de construction de logements sociaux une phase de concertation préalable entre rénovation urbaine, politique environnementale, déploiement des infrastructures et transports publics.
La professionnalisation des intervenants publics et privés dans les quartiers.
14. Mettre en place un système de primes et de bonification salariale pour les agents des services publics (Education, Police Nationale, Services Public de l’Emploi…) intervenants en zones sensibles ;
15. Intégrer dans le cadre statutaire de la Fonction Publique Territoriale les animateurs sociaux des structures associatives subventionnées agissant dans le domaine de l’Education, de l’accès à l’Emploi, de la prévention de la délinquance ou de la médiation. Processus de validation des acquis de l’expérience et cursus de formation obligatoires pour intégrer ce nouveau statut.
16. Créer des Points Accueils Parents permettant de mettre ne place des actions de médiations parentales en temps réel, de responsabiliser les parents démissionnaires, d’aider ceux qui sont dépassés par les évènements. Positionner cette structure en interface de l’Education Nationale, de la Justice et des services sociaux si les parents ne répondent pas aux sollicitations de ces institutions.
17. Instaurer un plan de formation obligatoire relatif à la vie des quartiers au bénéfice des intervenants publics et associatifs dans les quartiers populaires.
L’image et la sémantique.
18. Mettre en place un régime de sanctions pénales, dans le cadre de la loi relative à la lutte contre toutes les discriminations, dès qu’il est fait publiquement mention des origines ou des appartenances de quelque nature que ce soit dans toute communication officielle et dans les médias. Nous demandons l’intervention du CSA et un suivi plus rigoureux de cette structure sur les dérives sémantiques répétées des médias en général (la précision « un français d’origine Algérienne » dans la page des faits divers ou « les jeunes Beurs » pour nommer les jeunes français habitants les quartiers…).
19. Abroger la loi du 23 février 2005 sur la colonisation et lancer une campagne nationale d’intérêt général sur les bénéfices tirés par la société française des différentes époques d’essor des immigrations.
Continuons !
La synthèse qui en ressort, avec ses 19 propositions, me semble fidèle aux interventions des uns et des autres, à une proposition près, et celle-ci me paraît essentielle ; elle concerne le logement et l'urbanisme. D'après mes souvenirs, deux personnes l'ont exprimée. Il s'agit des immeubles, des cités et barres HLM qui sont détruites.
La proposition est de NE PAS LES DETRUIRE, de se concerter D'ABORD avec les gens qui habitent ces constructions, voir comment les réhabiliter. Car cela est possible, et positif bien au-delà de ce qu'on imagine. Pour moi ces constructions doivent, dans tous les cas où c'est possible, être rénovées, réhabilités, et en même temps les communes doivent aussi construire de nouveaux logements sociaux.
J'affirme que c'est positif en profondeur : de prendre en compte les gens, ceux qui sont directement concernés, qui vivent dans ces barres ; c'est une forme de respect qui leur est totalement refusée, puisqu'à ce jour des décisions sont appliquées, plaquées sur et contre eux. Je ne sais pas si les décisionnaires - politiques de la ville, urbanistes, ...- ont réfléchi à l'impact de ces destructions, d'abord sur la vie des gens qui vivaient dans les cités détruites, puis dans un deuxième temps sur l'ensemble de notre société française. Quoi qu'on pense des barres HLM, des gens y ont grandi, vécu ; on ne détruit pas les repères, surtout des repères précaires (les immeubles ont entre 30, 40 ans) impunément. Il serait temps d'injecter un peu de "douceur" dans les actions de développement urbain, social ; accepter d'améliorer au lieu de vouloir toujours faire table rase et tout recommencer ; comme si on pouvait, en détruisant les barres HLM, effacer tout un aspect de notre histoire, sociale, politique, coloniale.
Voilà ce que je voulais dire.
Concernant lélection Présidentielle de 2007, il est nécessaire de jouer la gagne, ce qui en dautres termes nécessite le plus grand rassemblement. On aura pas de deuxième chance. Lhumanité nous regarde, tant les démocraties que les pays totalitaires. Jose espérer que le renouveau démocratique mondial viendra de la France, nous avons les personnes et linfrastructure pour réussir ce défi. Mais il va falloir voir grand et large, rassembler les réelles forces démocratiques en présence : bien sur toutes les forces progressistes, mais aussi les réseaux syndicaux et associatifs. Faire de la politique de demain un enjeux personnel et collectif en redonnant aux citoyens la place qui est la sienne. Nous devons y arriver, nous y arriverons, parceque nous sommes claires dans nos discours et dans nos actes. Trop de citoyens sont encore sur la rhétorique « gauche et droite, cest idem ». Comme à chaque élection ce sont les indécis , les non-inscrits ainsi que les non-votants qui feront pencher la balance. Qui sont-ils ? des personnes mal ou peu informées ou bien lassées de la politique politicienne. Cest donc de notre devoir de créer une dynamique de changement politique dès maintenant. Il sera facile de mobiliser si lon est crédible, de plus en plus de citoyens sont prêts à sinvestir politiquement car après les séismes electoraux des dernieres années, chacun sait que lavenir dépend de tous.
Le réseau est essentiel pour pouvoir toucher le peuple dans sa diversité, mais le message lest plus encore.
Lalternative crédible ? un courant alternatif composé de citoyens connus ou anonymes et ayant de par leur expérience un savoir faire et un savoir être, parce quils sont militants, et activistes Républicains, conscients et représentatif de la population. Alors , et seulement alors, ce courant pourra rallier une candidature progressiste et peser de tout son poids dans le futur gouvernement. Si nous ratons cette échéance, notre responsabilité sera grande et nous devrons faire face a des difficultés plus grandes encore car la droite radicale nattend que cela pour fondre sur le peuple et une gauche anesthésiée idéologiquement naura pas les ressources suffisante pour inverser la vapeur et proposer un modèle alternatif au néo-libéralisme. Le temps nous est compté et sans vouloir être alarmiste, il est maintenant nécessaire dagir rapidement, Il nous reste un peu plus de quatre cent jours. De part le monde, le spectre de la droite ultra-libéralisé a déjà commencer à faire son travail de sape auprès des peuples, néanmoins lespoir peut venir du pays qui a fait de sa devise les mots : liberté, égalité, fraternité.
Parce que lhistoire a montré que chaque génération avait à relever un défi à chaque fois inédit, je pense que le notre consiste à rassembler tous et chacun autour des valeurs de la république.
Lobjectif annoncé est de donner à la société civile une place omniprésente en politique ce qui permettra de construire un rempart solide contre les idéologies anti-démocratiques synonymes de souffrance pour les peuples.
William
"le parlement DES BANLIEUES"... mais où est l'ouvertune une fois de plus ! Et le mot "Banlieue" me dérange un peu. Nous avons une "commune" à part entière ! C'est un quariter , ils sont dépendant d'une Mairie, d'un Marie ... Encore et toujours de l'enfermement, et où est l'ouverture, à part peut-être l'étude et l'ouverture de la "carte scolaire".
Il faut OUVRIR ce quartier vers le Centre ville, et développer des idées en ce sens ! Relier ! Ne pas mettreencore plus d'éloignement, de séparation net. C'est là qu'il faut aller d'abord plutôt que de pondre des propositions qui isolent une fois de plus, et apparement les "urbains" n'y ont pas été convié ? Sinon le débat reste un peu fermé dans ce cas ?!. .
Ne plus parler de Zone... La Zone est un mot plutot utile à des films apocalyptique comme MadMax. Nos "Banlieues" n'en sont pas encore à ce point là.
Ouvrir , là est une solution possible ! Et celà se fait par les transports en commun, mettre un grand parc, quelques kiosques, un lieu de bal populaire ... que sais je d'autre ! Tout pour ouvrir et relier "la banlieue" à l"urbain". Il faut créer des accès libre et là l'enfant et l'adulte seront responsables un peu plus, meilleur, et sur une même égalité sans avoir besoin de s'isoler . Ils iront voter, ils seront citoyens, créeront et iront dans des associations, ou autres activités génératrices d'ouvertures.
http://quartiersc.canalblog.com/ Bravo pour ces propositions concrètes pour les banlieues ! Plus que du blabla, les banlieues ont besoin de propositions qui tirent la banlieue vers le haut. Le Président de Quartier Sans Cible